Hozan Zangana
Design Academy Eindhoven
IG @hozanzanganastudio
Hozan Zangana (1983, Kirkouk) crée des objets qui se souviennent. Il est venu à l’artisanat par nécessité plutôt que par privilège, découvrant dans la résistance des matériaux un langage qui lui reste résolument propre. Basé aux Pays-Bas, il puise dans la grammaire visuelle du Proche-Orient ancien, le rythme calligraphique et le savoir-faire artisanal ; non comme citation, mais comme matière vivante.
Formé à la Gerrit Rietveld Academie et à la Design Academy Eindhoven, il a développé un langage sculptural qui maintient la contradiction : formes lyriques et- linéaires face à une masse architecturale volumineuse, précision aux côtés d’une surface sensuelle, ancrage maintenu en tension avec le départ. Travaillant avec le bois, le bronze, le verre, l’urushi et la porcelaine, souvent aux côtés de maîtres artisans à travers l’Europe et la région MENASA, sa pratique s’étend en termes d’échelle, de matériaux et d’ambition.
Ses objets connaissent leurs origines tout en les transcendant. Ancrés et inclassables, anciens et résolument contemporains, ils occupent un seuil qui leur est entièrement propre. Zangana n’offre pas une déclaration sur le patrimoine, mais une pratique qui le maintient vivant.
KAMI
L’Urushi n’est pas une matière qui tolère l’impatience. Chaque couche doit sécher pendant des jours, parfois des semaines, avant que la suivante puisse être appliquée. Précipiter le geste et la surface cède. Ce n’est pas un matériau qui s’accommode du rythme du design contemporain - et c’est précisément dans cette tension que Kami commence.
Le projet est né d’une invitation de la préfecture d’Akita, mais il est rapidement devenu quelque chose de plus difficile à nommer : une négociation réelle entre une sensibilité kurdo-irakienne, le savoir-faire de Dave van Gompel, maître laqueur néerlandais formé au Japon, et la pratique de l’artiste japonaise Mamiko Masumura. Ce ne sont pas des perspectives qui se dissolvent facilement l’une dans l’autre. Le travail en porte la trace.
Chaque pièce est construite par accumulation. La laque noire est mélangée à des protéines de tofu, peignée à la main, travaillée en relief de lignes. Ces lignes sont ensuite enfouies sous plusieurs couches de laque brute et d’argile finement broyée. Puis vient le polissage, lent, jusqu’à ce qu’elles réapparaissent d’elles-mêmes. La technique, sabitogidashi seigaha-nuri, emprunte aux méthodes décoratives des fourreaux de sabres japonais. Ce qu’elle produit ici est autre chose.
Rooted, pièce centrale de l’ensemble, réunit la silhouette du gilet Faranji du Kurdistan hawramani et la logique structurelle de l’Ikebana. Pas comme métaphore, pas comme exotisme. Deux manières d’orienter le corps dans le monde, maintenues ensemble sans résolution.
Ce que Kami refuse, c’est l’idée qu’un artisanat menacé doit être protégé du changement. La transformation n’est pas un risque pour la tradition, mais la seule condition à laquelle elle survive.
AVEC LE SOUTIEN DE :
URUSHI ATELIER
NETHERLANDS
MAMIKO MASUMURA
AKANE YAMADA
TAMAKI MATSUDA
NILOUFAR ASHTIANI
LANA ZANGANA
DAVE VAN GOMPEL
PATRICK PEETERS
ERIK & PETRA HESMERG
MARC PREVOT
THE CREATIVE INDUSTRIES
FUND NL