Matisse Vrignaud & Lundja Medjoub
Les Horloges à Feu
Réinterprétation contemporaine du principe élémentaire des horloges à feu (instruments médiévaux à la mesure imparfaite) qui suggéraient déjà une perception subjective et fluctuante du temps. Ici, la combustion devient mouvement, rythme, son, révélant un instant qui se consume et se transforme.
Cette série d’objets acoustiques utilise la flamme comme principe de déclenchement du son. Le feu n’y mesure pas le temps de manière exact : il le rend perceptible, sensible, instable. Il s’agit d’horloges où l’exactitude importe moins que l’expérience : non pas des instruments de mesure, mais des objets de contemplation, de surprise et de méditation. Le temps n’y est pas compté, il est vécu.
Conçus à partir de pièces excédentaires d’une laitonnerie, chaque pièce réinterprète un principe de mesure du temps. Le Métronome est un balancier formé de deux bougies fixées dos à dos : le déséquilibre de combustion entre les deux flammes met le système en oscillation, et à chaque battement, une bille frappe un réceptacle sonore placé au centre. Le Sablier repose sur une bougie horizontale qui chauffe une plaque de laiton jusqu’à faire frémir, puis évaporer, quelques gouttes d’eau parfumées déposées en surface. Le Gong, enfin, emprisonne billes et chaînes dans la cire de deux bougies verticales : en se consumant, celles-ci les relâchent dans un réceptacle résonant et contre une fine cymbale, produisant des sons dont le moment reste imprévisible.