Tin Ayala

Tin Ayala - © Villa Noailles Hyères
Équateur

Design Academy Eindhoven
IG @tintintintintintin__

Tin Ayala (né·e en 1998, Équateur) est chercheur·e en design. Son travail explore les réponses postcoloniales andines face à la ségrégation raciale, utilisant les identités frontalières pour resignifier les concepts de race. Sa pratique emploie l’abigarramiento comme méthodologie afin de transformer la lamentation coloniale en autodétermination culturelle.

Un aspect fondamental de sa démarche repose sur des actions directes menées en collaboration avec des collectifs basés dans les Andes. Tin est diplômé du département Géo-Design à la Design Academy Eindhoven.

Huacos

Huacos est un projet qui transforme les céramiques précolombiennes andines en objets de transculturation et de tension culturelle. Produites dans différentes régions des Andes avant la colonisation espagnole, ces céramiques, créées par des sociétés telles que les Moche, les Nazca, les Chimú et les Inca, témoignent de relations complexes entre les humains, les territoires et les entités non humaines.

En 2023, une résidence de recherche au musée archéologique Larco à Lima a permis d’accéder à l’une des plus importantes collections de céramiques précolombiennes andines. Ce contexte a rendu possible l’observation de la manière dont ces objets matérialisent une façon d’habiter le monde fondée sur la réciprocité et l’interdépendance avec l’environnement.

Plutôt que de chercher à restaurer un passé précolombien idéalisé, le projet explore des continuités possibles et des superpositions culturelles issues de la rupture historique coloniale. Dans ce cadre, les céramiques fonctionnent comme des sites de traduction entre différentes temporalités. Le projet consiste en une série de bouteilles archéologiques spéculatives qui mettent en dialogue des huacos anciens avec la culture pop contemporaine. Cette rencontre révèle comment des imaginaires ancestraux et globalisés, souvent conçus comme opposés, peuvent coexister et interagir.

À travers ces hybridations, le travail questionne les binarismes coloniaux : ancestral et contemporain, local et global, ou nature et culture. Les objets fonctionnent ainsi comme des sites de tension et d’abigarramiento culturel, où se superposent des temporalités et des épistémologies hétérogènes. Le projet a été développé lors de la résidence de la Fondation d’entreprise Martell à Cognac entre novembre 2025 et janvier 2026.

AVEC LE SOUTIEN DE FONDATION D’ENTREPRISE MARTELL

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