Tin Ayala

Tin Ayala - © Villa Noailles Hyères
Équateur

Pokemons Précolombiens
Pokemons Précolombiens prend pour point de départ les céramiques précoloniales andines, produites dans différentes régions de la cordillère des Andes avant la colonisation espagnole. Ces objets, issus de sociétés telles que les Moche, Nazca, Chimú ou Inca, témoignent de relations étroites entre humains, territoires et non-humains. Ils sont ici envisagés non comme des vestiges figés, mais comme des objets critiques capables de questionner les héritages coloniaux.
En 2023, lors d’un temps de recherche au Musée archéologique Larco à Lima, Tin Ayala a eu accès à l’une des plus importantes collections de céramiques andines. Cette immersion lui a permis d’observer comment ces objets matérialisent une manière d’habiter le monde fondée sur la réciprocité et l’interdépendance avec l’environnement. La colonisation espagnole a interrompu de nombreux savoirs, pratiques et systèmes symboliques, imposant une vision extractiviste fondée sur la séparation entre nature et culture. Face à cette rupture, Pokemons Précolombiens ne cherche pas à restaurer un passé idéalisé, mais à imaginer des prolongements possibles et des superpositions culturelles. Les céramiques deviennent ainsi des supports de traduction entre différentes temporalités. Le projet est une série de bouteilles archéologiques spéculatives mettant en dialogue les huacos anciens et l’univers de la pop culture contemporaine, notamment Pokémon. Cette rencontre révèle la manière dont les imaginaires ancestraux et globalisés coexistent aujourd’hui. À travers ces hybridations, le projet interroge les binarismes coloniaux — ancestral et contemporain, local et global, nature et culture — et propose des objets comme lieux de tension et d’abigarramiento culturel.
Développé lors de la résidence de la Fondation d’entreprise Martell à Cognac entre novembre 2025 et janvier 2026.

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