Yohan Thomas
La fabrique frugale
J’ai toujours eu une fascination pour les procédés de production industrielle. Toutefois, je ne dispose pas de cette puissance ; j’ai à ma disposition des moyens plus frugaux. C’est à mi-chemin entre une méthodologie inspirée de l’industrie et des moyens artisanaux, qui sont les miens, que se situe mon approche. L’autoproduction est une façon d’avoir une action directe sur notre manière de consommer.
Pour imaginer ma micro-manufacture, je recherche des principes d’efficacité minimale, où la mise en œuvre est presque gratuite au regard de ce qu’elle permet de générer. Pour cela, je m’inspire du parapluie. Malgré l’apparente banalité de cet objet se cache en réalité une grande ingéniosité. Léger, repliable, protecteur, il tire sa structure non pas de la masse, mais de la tension. Il y a là une économie de moyens qui m’inspire.
Ma recherche se déploie autour de deux matériaux afin d’éprouver ce principe de tension. Je crée des volumes avec des baguettes d’acier et de la toile en nylon. Dans le développement de mon vocabulaire formel se dégagent une lisibilité de l’objet, ainsi qu’une légèreté et une finesse. Les baguettes viennent s’entremêler à la toile pour ne former qu’un ensemble.
Pour prolonger cette quête d’indépendance et d’efficacité, je fabrique mes outils à l’image de l’industrie. Je m’inspire de l’existant. Je dessine l’outil comme un objet à part entière, en pensant ses usages afin qu’il soit adapté et ergonomique.
À travers une logique de standardisation et un travail plastique de mise en forme de la toile, cette recherche constitue une démonstration visant à tirer le maximum du minimum. Les lampes qui résultent de cette micro-fabrique sont imaginées pour être pliables afin de tenir à plat dans une enveloppe A3 ; cela permet de réduire les coûts de distribution et de stockage.