Yohan Thomas
ENSCI – Les Ateliers, École Boulle
IG @made_lmond
Yohan Thomas s’est formé à l’École Boulle puis à l’ENSCI - Les Ateliers, il développe une pratique située à la croisée du design, de l’artisanat et de la recherche constructive. Son travail explore les modes de production à petite échelle, les logiques d’autoproduction et les économies de moyens.
À travers la conception d’objets, de dispositifs et d’outils de fabrication, il s’intéresse aux relations entre forme, usage et processus de production. Ses recherches s’appuient notamment sur l’étude de structures légères et de systèmes fondés sur la tension, qu’il met en oeuvre à travers des matériaux simples et des protocoles de fabrication adaptés à une échelle artisanale.
La fabrique frugale
Le travail de Yohan Thomas s’inscrit dans une réflexion sur les modes de production et les possibilités d’une fabrication autonome à échelle réduite. Fasciné par les procédés industriels mais ne disposant pas de leurs moyens, il développe une pratique située à la rencontre de logiques industrielles et de méthodes artisanales. L’autoproduction devient ainsi un moyen d’agir directement sur les conditions de fabrication et de consommation des objets.
Sa recherche s’appuie sur des principes d’efficacité minimale, où une mise en oeuvre réduite permet de générer un maximum d’effets. À ce titre, le parapluie constitue une référence importante : derrière la banalité apparente de cet objet se révèle une ingénierie discrète fondée sur la tension plutôt que sur la masse. Léger, pliable et protecteur, il incarne une économie de moyens qui nourrit sa démarche.
Cette recherche se développe autour de deux matériaux principaux : des baguettes d’acier et une toile de nylon. En explorant les propriétés structurelles de leur mise en tension, Yohan Thomas élabore un vocabulaire formel caractérisé par la légèreté, la finesse et la lisibilité des formes. Les éléments métalliques et textiles s’entremêlent jusqu’à constituer un ensemble continu.
Dans le prolongement de cette quête d’autonomie, il conçoit également ses propres outils de fabrication. Inspirés des équipements industriels, ceux-ci sont dessinés comme des objets à part entière, pensés pour répondre à des usages précis et favoriser des gestes efficaces.
À travers une logique de standardisation et un travail plastique de mise en forme de la toile, cette recherche explore les possibilités de produire davantage avec moins. Les lampes issues de cette micro-manufacture sont conçues pour être démontables et transportées à plat dans une enveloppe A3, réduisant ainsi les coûts de stockage et de distribution tout en prolongeant la réflexion sur l’économie des moyens.