Objets Modernes, collection Charles et Marie-Laure de Noailles

du 13 avril au 12 juin 2022

Au printemps 2022, la villa Noailles présente un ensemble de design moderne d’après la collection constituée par Charles et Marie-Laure de Noailles. Mobilier, luminaires et tapis reprennent place au Clos Saint-Bernard dans une scénographie commandée à Emmanuelle Luciani – Southway Studio. Elle a aménagé les chambres et les salons avec des pièces d’arts décoratifs faisant écho à la collection et au bâtiment.

Cette exposition est l’occasion d’une commande à 14 artistes qui ont chacun interprété une pièce de la collection moderne en dessin, peinture, collage ou tapisserie. La commande artistique s’est poursuivie par une résidence de deux jours au Clos Saint-Bernard pour la réalisation de fresques in situ.

En accompagnement des objets et des œuvres contemporaines, l’historienne de l’art Beatriz Sánchez Santidrián a développé un contenu textuel et réuni des images d’archives qui offrent un éclairage sur le contexte de l’époque.

Directeur général : Jean-Pierre Blanc
Direction du projet : Magalie Guérin et Thomas Lequeu

Objets modernes, collection Charles et Marie-Laure de Noailles

Maison de vacances, palais moderne et monument d’avant-garde, la Villa Noailles échappe au temps. Bien loin d’un monolithe de béton et de verre figé par l’historiographie du mouvement moderne, la maison des époux Noailles vibre toujours d’une vitalité renouvelée. Inspirés par la personnalité de Marie-Laure de Noailles, nous avons conçu pour le parcours historique de la villa une scénographie qui se déploie comme un fantasme temporel, vision d’un présent alternatif où l’édifice serait encore un lieu habité par ses commanditaires.
Bien loin de la muséographie traditionnelle, la proposition de Southway Studio est une promenade fantasmagorique qui rend hommage à Charles et Marie-Laure de Noailles, couple de chair et de chrome et mécènes avisés, tout en insufflant de la vitalité dans cette machine à habiter du luxe français, dans laquelle se cristallise toute l’histoire du mécénat et de la société aristocratique et bourgeoise du xxe siècle.
Emmanuelle Luciani crée le fantasme d’un présent du passé, survivance de cette domus du xxe siècle, dans le sillage de l’esprit de Marie-Laure et de Charles de Noailles. Des interventions artistiques contemporaines (commanditées par Jean- Pierre Blanc), sous la forme de peintures murales ou sur support, se font héritières des œuvres peintes de Theo Von Doesburg (pièce de service pour les fleurs) ou Sybold Van Ravesteyn (chambre d’ami du deuxième étage), et jouent avec les formes et les silhouettes des meubles, objets et luminaires qui peuplaient les lieux.
Le parcours permanent est l’œil d’un cyclone temporel où se mêleraient tous les différents états de ce dédale domestique. Le mobilier n’a pas nécessairement retrouvé son emplacement d’origine, continuant d’être déplacé au gré des usages et des envies. Les socles de crépis, qui rappellent les murs extérieurs de la villa, et de stuc, créés par Southway Studio, viennent quant à eux souligner le mobilier historique de la villa. Mis sur un piédestal, les tabourets de Blanche Klotz, de Pierre Chareau ou de Djo-Bourgeois, ou même la discrète table à roulette Ronéo, deviennent les personnages principaux de cette fantasmagorie uchronique, réalité parallèle où les époux Noailles continueraient d’y faire crépiter le feu de la création artistique, qu’ils concevaient comme une aventure collective.
Southway Studio a réinstallé des rideaux dans toutes les salles, qui viennent rappeler que la villa est avant tout un lieu de vie. Le tissu, à la trame épaisse, est dans les tons de céladon, de roses ou de verts sapin, couleurs tant aimées de Marie- Laure de Noailles.

Southway Studio

Un ensemble d’œuvres contemporaines de Bella Hunt & Ddc vient rendre hommage aux arts décoratifs de l’entre-deux-guerres. Un monumental socle de stuc sublime le tabouret de Blanche Klotz, et répond par ses ondoiements aux lignes souples des rideaux tout en conférant à l’élégante assise un statut d’œuvre historique. La cheminée du salon de lecture apparaît quant à elle comme le spectre de sa précédente incarnation par René Prou, et partage avec le socle, le vase et les appliques de céramique des formes de drapé, motif évocateur à la fois du néo-classicisme et d’un modernisme raffiné et surréaliste.

Commandes artistiques

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